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Il y a deux jours, Mac Miller a officiellement et définitivement marqué le monde de la musique de son empreinte en installant son « Blue Slide Park » en tête des Billboard Charts, devançant largement la bande originale du dernier volet de la saga « Twilight ». Pas mal pour un gosse de 19 ans au réseau de fans de plus en plus large (cf sa mixtape sortie à l’occasion du million de followers sur Twitter), qui a réussi à vendre 144 000 copies de son premier album depuis sa sortie la semaine dernière. Fyi, il est le premier artiste à placer un debut album sorti indépendamment en tête des charts depuis le début des années 1990. Impressionnant.

Le gosse de Pittsburgh ne s’est jamais caché. Il n’a jamais cherché à changer ses racines pour les adapter au milieu, il n’a jamais cherché à modifier son passé pour s’en inventer un autre et pour se conformer finalement aux stéréotypes. Non, Mac Miller s’est toujours démarqué par son originalité, par son éducation au sein d’une famille à la fois chrétienne et juive, d’un père photographe et architecte, et de ses premiers pas vers la musique en autodidacte convaincu. Malcom McCormick est un adorateur du hip hop, un fan de ses premières heures, et son ascension fulgurante est étroitement liée à sa capacité à retranscrire cette adoration de la belle rime dans ses nombreuses mixtapes.

Car oui, Mac est un artiste à mixtape, le genre de mec qui redéfinit le genre en effaçant la connotation « bâclée » qui se rattachent à ces dernières. Depuis « K.I.D.S » à « I Love Life, Thank You », le jeune MC a toujours réussi à offrir à ses fans des dizaines de tracks de très grande qualité, en nous (j’enlève le masque, *mode groupie on*) faisant attendre son premier album avec une impatience comparable à celle d’un puceau achetant sa première boite Durex. Le 8 novembre dernier, l’interminable attente prenait fin. Premier coup d’oeil et première interrogation : où sont les parenthèses accompagnant normalement chaque morceaux sur iTunes, détaillant généralement les différents featurings et producteurs ayant collaboré sur ces derniers ? Nulle part. Mac l’a vraiment fait en solo, et le mec qui est capable d’inviter Talib Kweli et Bun B sur une simple petite mixtape n’a pas pris la peine de le faire sur son premier album, étape majeure de sa carrière. Prise de position, authenticité, originalité diront certains. Mouais. Je ne suis pas de cet avis, étant donné que je suis convaincu que « Blue Slide Park » est orphelin d’un titre phare, d’un titre osé où la seule vue des artiste figurant sur ce dernier suffit à nous mettre l’eau à la bouche.

Ce titre phare, c’est peut-être « Frick Park Market », gros banger sorti sur la toile il y a quelques mois et qu’on ne se lasse toujours pas d’écouter (en live). Ce dernier est épaulé par les très bons « Smile Back » et « My Team » aux effets comparables, sur lesquels Mac nous démontre à nouveau ses capacités sur des beats lourds et entrainants, en enchainant une rythmique propre et léchée. Prise de risque il y a eu, notamment sur « Party on 5th Ave » sur un sample de DJ Kool, où Mac ajoute aux comparaisons – pourtant infondées – avec Eminem en éditant un titre un poil trop humoristique, marque de fabrique du rappeur de Detroit. « Up All Night » se démarque aussi du reste de l’album en proposant un rythme assez rock, sur fond de guitares et de batterie, alors que « Loitering » développe un tout autre concept : on aime ou on déteste, selon les goûts. « Missed Calls » plaira à sa très large audience féminine, alors que « Diamonds and Gold » satisfera grandement les amateurs de story rap.

Le reste demeure très bon, en proposant globalement des titres fidèles à l’image de Mac Miller avec des beats samplés et des rimes propres, mais il est difficile de ne pas rester sur sa faim. Pendant des mois nous avons attendu cette première galette du jeune prodige, d’un mec bourré de talent qui rafraichi la scène hip hop US en proposant des mixtapes travaillées, originales, voire enthousiasmante. En définitive, « Blue Slide Park » est davantage une très bonne mixtape qu’un album à part entière, d’où notre déception certaine. Déception à relativiser, car la simplicité d’un skeud comme celui-ci contraste (dans le bon sens du terme) avec l’extravagance déplacée et maladroite des nouveaux LPs de certains artistes plus réputés (RIP Drake).

Jetez-vous dessus, bien sûr, mais ne lui en voulez pas trop. Après tout, il n’a que 19 ans.




Mac Miller – Smile Back 


Mac Miller – My Team 


Mac Miller – Diamonds and Gold 

A propos de l'auteur

Rédac' chef. Entremetteur d'interviews et descendeur de bières mexicaines. Lyon City Gangster. Serial cock blogger.

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