[Report] L’Original Festival x Jeudi 5 avril

vendredi 6 avril 2012, par Rachid Sguini.

Jeudi 5 avril, 18h. Nous nous présentons au Transbordeur, à Lyon, pour l’ouverture de l’Original Festival. L’Original, c’est cet événement de dingue, quasi unique en France, qui propose sur plusieurs jours un vrai panel d’événements hip hop. Depuis 9 ans, le festival fait venir des artistes du monde entier pour représenter les différentes disciplines du achipé achopé, entre expositions, mise en avant de graffeurs, battles de danses ou concerts de dingue. Nous présentons notre carton d’invitation, et entamons ainsi notre belle semaine hip hop.

En introduction du premier show du festival, les clichés du photographe Cédric Darbord sont proposés en exposition aux invités sur place. L’artiste nous livre une rétrospective des festivals précédents, et l’on peut apercevoir des clichés très intenses, tel celui d’un Method Man en extase devant la fougue du public lyonnais, ou encore celui d’un Posdnuos de De La Soul tout sourire devant les 10,000 personnes présentes lors de leur concert gratuit en 2010, à l’occasion du Street Day. De nombreux artistes sont représentés, peu importe leur envergure, et c’est justement ce qui rend cette exposition intéressante : le choix des clichés a davantage été effectué au niveau de la valeur de la photo en elle-même, de sa beauté même, sans forcément tenir compte de l’artiste qui se cachait derrière le sourire que propose une majorité d’entre elles. Un travail en immersion au sein du monde hip hop très intéressant et exécuté avec talent.

Les festivités s’enchainent par un apéritif gracieusement offert en compagnie des différents acteurs et fidèles du festival. Une belle occasion d’échanger quelques mots avec bénévoles, artistes ou simple fans. On a notamment apprécié nos rencontres avec le rappeur Nanoo l’Underground, le danseur Haspop, le survolté Dj Fab (La Caution/Hip Hop Résistance), Dj Pone (Birdy Nam Nam), Dj Duke (Assassin), et certains membres du Pockemon Crew, entre autres. Tous nous ont exprimé toute leur excitation et le plaisir qu’ils avaient de participer à ce qui était pour eux « l’événement hip hop de l’année ».

20h00. La salle se remplit, les gens semblent impatients. Ca tombe bien, nous aussi. Le plat de résistance est attendu, et ce dernier ne se fait pas tarder. Les lumières s’éteignent, la salle s’enflamme. Linso, vainqueur de l’édition 2011 du Buzz Booster Rhône-Alpes et première partie de Method Man le 23 avril prochain au Zénith de Paris, est censé ouvrir pour Sefyu et Orelsan. Avec son crew de Ming8 Halls Starf, le rappeur originaire de Grenoble prend place sur scène dans une mise en scène parfaite, mimant une action terroriste contre le public du Transbordeur. L’ambiance est posée. Linso, c’est la grosse surprise de la soirée, indéniablement. L’outsider que peu de gens attendaient, celui qui a tout à prouver face aux deux énormes artistes qui prendront place après lui. Il a la difficile tâche de devoir mettre tout le monde dans le bain, de chauffer le public, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a littéralement retourné le Transbordeur. Avec l’aide de mises en scène travaillées et de chorégraphies inventives, Linso nous a livré un live sans temps mort. Le public ne s’attendait pas à voir autant d’énergie sur scène, et il en fut le premier (agréablement) surpris. Son aisance sur scène et sa bonne humeur ont littéralement conquis son public d’un soir, et les réactions ne se font pas attendre. « Génial ! C’était bouillant ! », nous crie un Zatao déchainé, avant qu’Émilie ne rajoute « Je suis venu pour Orelsan, mais j’avoue qu’ils m’ont scotché ! ».



Lourde tâche pour Sefyu donc, qui prend la relève rapidement après que la bomba Linso ait quitté la scène. Le rappeur doit garder le public aussi chaud que son prédécesseur l’a laissé, et il on commence avec son plus gros classique : Molotov 4. Le sol tremble – littéralement – tellement le public est survolté. Le « Senegalo Ruskov » connaît son boulot, il a la formule secrète, le bon dosage entre morceaux entraînants qui te font décoller les pieds du sol, et sons plus mélodiques qui te posent. Et alors que la foule semble se calmer quelque peu et s’habituer progressivement aux lyrics d’un Sefyu appliqué, le rappeur d’Aulnay-sous-bois passe la sixième sans prévenir son auditoire en finissant son Molotov 4, tout en l’entrecoupant avec Turbo, son nouveau titre phare. Résultat ? Un cocktail explosif qui transcende les quelques 1200 personnes sur place, et qui l’oblige à revenir sur scène sur leur demande. Les réactions à la fin du concert sont toutes aussi élogieuses que pour Linso : « Sefyu, c’est Sefyu. Tu sais qu’il va faire son taf. Jamais déçu », nous confie un Malik encore sous le choc.



Alors que les lumières se rallument, l’ambiance change. Les derniers spectateurs assis se lèvent. On sent les gens prêt pour le dessert, on sent qu’ils ont véritablement tous attendu ce moment là pendant plusieurs semaines. Ils attendent ce moment où cet artiste là entrera sur scène pour les rendre dingues, pour leur permettre d’avoir cette « petite » touche finale à une soirée déjà bien remplie. Et c’est là que les notes de synthétiseur annonciatrices de Raelsan résonnent dans l’enceinte du Transbordeur. Orelsan débarque sous les cris presque hystériques d’un public déjà conquis, un masque sur les yeux et une capuche sur le crâne : la soirée atteint son paroxysme. Il enchaîne, et l’on se rend compte que c’est l’artiste qu’il fallait à ce moment de la soirée : il était à ce concert ce qu’une Fatality est à Mortal Kombat, un « Finish Him ! » pour le public de ce jeudi soir. Dire que le bonhomme est une boule d’énergie est un euphémisme, lui qui se meut tel que pouvait le faire un Mike Jagger dans sa jeunesse. Orelsan est une rockstar en devenir, et la présence de véritables musiciens pour l’épauler apporte une autre dimension à sa performance.

Orelsan construit son live comme une série TV : les morceaux s’enchaînent et se succèdent très bien, même quand il passe d’un son qui fracasse tout à un morceau comme La Petite Marchande de Porte-Clefs. C’est d’ailleurs à ce moment que le public a sorti son briquet, juste pour ajouter cette petite touche « Patrick Bruel » à son show, touche qu’il peaufinera avec le fameux La Terre est Ronde.


Généreux, les artistes ont offert à leur public un peu plus de quatre heures de show. C’est vers 00h30 que les gens se dirigèrent vers les portes de sortie, avec tous le sourire aux lèvres – sans exagération – et l’envie de poursuivre cette soirée de folie. Certains réapprennent même à vivre : « Ah ouais c’est ça la vie ?! J’ai envie de dire ENCORE et surtout vivement demain ! ». Ouaip, vivement demain.

En attendant nos interviews (à venir dans la soirée), on vous en propose un petit extrait dans ce récapitulatif vidéo de l’évènement monté et réalisé par nos partenaires d’Eczema Production. Peace.

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