Interview // Union

lundi 30 avril 2012, par SURL.

La semaine dernière, SURL avait rendez-vous au Trabendo pour le premier live de Union. Peu de monde et ambiance à la cool, une parfaite ambiance pour un premier live. Un jeu de lumières à la hauteur de nos espérances, un son de qualité et OJ & Gold au top. Mon but premier était de faire aimer les sons de notre duo à des amis dans la salle : le pari a été facilement gagné, dès le lendemain les « Coco Mango » (feat MF Doom) ou encore « Time Leak » (feat Talib Kweli & Sly Johnson) tournant déjà en boucle dans leurs iPod. Conclusion de la soirée : on a hâte d’aller les revoir avec un show un peu plus long et avec plus de monde car, c’est certain, on va vite réentendre parler de ces gars-là.

Nouvel objectif :  vous les faire écouter et apprécier à vous, lecteurs de ce webzine. Parce que vous les mettre dans les #sonsfrais ne suffisait pas à honorer leur talent. Et pour ça rien que de mieux qu’une petite interview.

Et pour vous mettre en parfaite condition pour l’entretien, on ne saurait vous conseiller de vous caler leur titre avec Beat Assailant en bruit de fond. Ready ?

SURL : Bon les gars, présentez-vous à nos lecteurs …
Union est un binôme de deux musiciens : OJ et Gold. Le premier est « spécialisé » dans la rythmique et le second dans les claviers.

« Union », une signification particulière autour de ce nom ?
Bien sûr, Union c’est parce que notre projet est une association de plein de choses : une association de deux personnes, une fusion entre son moderne et vintage, entre hiphop , jazz funk et musique électronique, entre des outils de production 2012 et des vieilles machines…

 

[highlight]Union c’est le mariage de tous ces éléments ![/highlight]

 

J-Dilla c’est un peu votre dieu non ? On sent que vous vous en inspirez beaucoup.
Dieu, le mot est fort. C’est une influence certaine, il était précurseur. Ces morceaux ne vieillissent pas, ils ont une musicalité très forte et un son fantastique. Nous sommes très proches de son approche de la production, nous composons autant que nous mixons.

Un album d’instrus qui se termine en mine d’or de featurings, on appelle ça du freestyle non ?
Mais on est freestyle ! Quand on fait un morceau on est freestyle, il y a une part  d’aléatoire dans ce qu’on fait , on improvise beaucoup pour composer et on se laisse porter par la musique : si ça nous plaît on garde , sinon on jette. Les feats ça s’est passé un peu comme ça: les gars posent et la magie opère… On garde !
OJ : A un moment il était tout de même question de faire un album cohérent en terme de feat/instru pas un album avec une pauvre collab qui se balade.

Vous avez réussi à chopper Talib Kweli et MF Doom comment ça s’est passé ?
On a un agent spécial qui s’appelle Him Mohammed ! Le gars est un génie des soirées. Il te fait rentrer partout n’importe où et il est pote avec pas mal de rappeurs ricains à force de trainer avec eux  à Paris quand ils viennent jouer ici.
Talib on l’a rencontré après un concert d’Idle Worship à Paris et on a commencé à bosser ensemble à partir de là. Talib est venu enregistrer et shooter des images l’année suivante.
MF Doom, on  ne l’a jamais vu, juste son manager quand il est venu à Paris. Il a enregistré le track à Londres après un concert.

Donc vous n’avez pas vu le vrai visage de MF Doom… 
Haha, on aurait bien aimé.

J’ai entendu dire que vous revenez de New York, qu’avez-vous fait là-bas, de nouvelles collabs ?
On a rencontré des rappeurs mais la musique n’est pas encore prête, donc ce n’était pas le but. On y est allé pour rencontrer les gars de Fatbeats pour de vrai – on avait fait que du Skype – et faire de la promo, interviews, radio, et quelques Dj sets.

Vous qui semblez-vous tourner vers l’étranger pour vos collabs, la scène musicale française vous semble-t-elle si « dégueu » que ça ?
Elle n’est pas degueu, c’est juste pas notre style. On a besoin d’un groove dans le flow qu’on entend pas ici.

Pourquoi ne pas avoir collaboré avec des rappeurs français ?
On a essayé d’avoir des feats français ! Ça n’a pas abouti pour diverses raisons mais on a nos favoris : Busta Flex, Zoxea, Kool Shen, Nekfeu, Booba…

 

[highlight]Si tu nous en présentes qui groove autant qu’Elzhi, on prend tout de suite ![/highlight]

 

Ce n’est pas finalement le plus compliqué pour vous, de performer sans MC ?
Ben si, mais on va contourner le problème avec un light show qu’on espère magnifique ! On bosse dessus en ce moment. On a une formule live intéressante. Les structures sont ouvertes, OJ joue les beats et je fais la basse synth et les claviers. Ça ne s’est pas trop vu comme formule. Mais ça reste un peu lassant visuellement. Donc on a décidé de donner une dimension graphique au live et on a rencontré les gars de Allaccess qui déchirent tout… On a hâte !

Quel est selon vous le meilleur beatmaker actuel ? Est-ce que des beatmakers français comme Dela vous ont inspiré ?
Union ! (rires). Non sérieusement, on n’est pas dans une logique de qui est le meilleur. On aime tout ce qui est musical et qui sonne bien. Y a des gars qui font ça : Yann Kesz, Hazel…

Quel regard portez-vous sur votre projet ? Avez-vous des regrets ?
On est fiers ! On se dit parfois que c’est un peu magique , et puis on se rappelle comme on a galéré parfois pour faire avancer le truc et on se dit que c’est pas si magique que ça. On a ce regret par moments d’avoir un peu trop chargé les prods. On va dire que c’est l’enthousiasme du début !

Des projets futurs ?
Un EP, des remixes et le live !

Avec quel artiste aimeriez-vous collaborer ?
Q-tip, Snoop, Timberlake … Je te cite les plus gros mais y en a beaucoup !

Quel artiste vivant ou mort rêveriez-vous de produire ?
MJ !

Quel est votre dernier coup de cœur « artiste » ou « culturel » ?
Gotye ! On est fan tous les deux. On est admiratif quand l’underground devient mainstream juste parce que la musique est bien.

Quels groupes, styles, chanteurs… peut-on trouver dans vos iPod ?
On écoute de tout en excluant le métal et la country.
Gold : Il y a du Sbtrkt, Gotye, The Roots, Glasper, Kiwanuka, Odissee, Tettorybad et des oldies genre Pleasure, Peter Herbolzheimer, Eddie Henderson….
OJ : Un peu de tout du Gainsbourg, Jay Dee (évidemment…), 9th wonder,  Pete Rock, Bibio, Shafiq Husayn, Nicky Lars, Amy Winehouse, les Beatles, Benny Sings, De La Soul, Hazël, Herbie Hancock (évidemment…), Mickeal Jackson, Mike Slott, Opolopo, Daft Punk, Weather Report, Stevie Wonder…

Vous vous intéressez aux sapes ? Une marque favorite ? 
Gold : J’aime bien Humor, les danois.
OJ : The Kooples.

Question culte chez SURL : si votre musique était un plat quelle serait la recette ?
Des profiteroles ! Chaud et froid en même temps… On est obligé de prendre son temps pour les savourer… Des bonnes profiteroles maison ça peut être très mélodique.

SURL remercie OJ et Gold pour cette interview. Mais également IWelcom pour cette découverte, toujours un plaisir.

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