Joe Lucazz & Eloquence : ‘On s’est fait notre propre littérature’

mercredi 5 octobre 2016, par Etienne Anthem. Photos Joe Lucazz : Pierre Gregori. Photos Eloquence : Sadophrenik.

La rédaction de SURL a récemment été saisie par un phénomène singulier : un cauchemar, dans lequel Zemmour et Finkielkraut catapultaient des ouvrages de « La Pléiade » sur un public de Rap Contenders incrédule. Passé l’effroi, nous avons décidé de nous ressaisir, et d’aller interroger le rapport des rappeurs français à la littérature. Au-delà de l’intérêt d’explorer la boîte noire de leurs inspirations, c’est aussi l’occasion de démystifier la fabrique de nos plumes préférées, entre étalage intempestif de culture légitime pour des rappeurs dits « littéraires » par une presse un peu myope, et ironie facile sur les entorses grammaticales pour d’autres.

Il nous fallait quelqu’un pour essuyer les plâtres sur cette thématique. Joe Lucazz et ses textes forts en images nous paraissait un bon client. On le retrouvait du côté de République, alors qu’il avait rendez-vous avec Eloquence, pour chiller autour de quelques sons, dans le studio du Gouffre.

Joe Lucazz et Eloquence sont ce que l’on peut appeler des old-timers. Baignés par le rap des années 90, ils ont connu des trajectoires assez différentes. Joe a longtemps arpenté les bas-fonds du rap français, collaborant avec différents collectifs tels que ETA, les X-Men, et surtout son acolyte Cross. Des éclairs discographiques qui ont installé une réputation, avant un premier essai en solo qui voit le jour en 2015. No Name, qui a reçu un bel accueil critique, et ravi les amateurs de plume ciselée. Il devrait lui donner un petit frère dans les prochains mois, mais aussi enregistrer un projet avec Char du Gouffre, ainsi qu’avec Eloquence. Originaire d’Evry, ce dernier a été révélé par le label indé Nouvelle Donne, et différentes compilations. Il a suivi Disiz La Peste en tournée, et a connu d’autres strates du rap jeu, davantage en prise avec le succès commercial. Notamment à l’époque de la bo de Taxi 3, et de son single en forte rotation FM. « Écoute chérie, ma vie c’est l’M.I.C, essaye d’imaginer Samy Naceri sans son taxi. » S’en suivirent d’autres incursions mainstream, comme la participation aux aventures rapologiques de Tony Parker. Il est revenu fort en 2016 en sortant coup sur coup deux projets : les très bons Trill Makossa et Nueve Uno.  Mais au-delà d’une génération commune, Lucazz et Elo ont en commun un style assez unique, qui flirte entre lifestyle de rue cinématographique et authenticité à la trill.

Du rapport à la lecture et à l’écriture, la discussion dérive sur leurs inspirations diverses, leur rapport au son, au rythme. Un échange en roue libre où il est question de griots, d’identité, de rue et de transmission. On y croise Hampâté Bâ, Donald Goines ou encore Amélie Nothomb.

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SURL : Est-ce que le rap ça vous a poussé à lire ? À lire plus, ou à lire certains bouquins en particulier ? 

Eloquence : En fait, c’est tout le contraire. Avant de rapper, je voulais écrire, depuis tout petit je voulais écrire.

C’était quoi tes modèles ?

Eloquence : Je n’avais pas de modèles, c’est un truc en moi. Moi déjà petit, à 5-6 ans  dans le tram à Bruxelles, où j’ai grandi, je me mettais au milieu de la rame, où tout le monde se tenait, et je faisais des poèmes ou des sketchs, où je récitais des paroles de films que j’avais vus la veille.

C’était pas écrit, là ?

Eloquence : Non, c’était vraiment… c’était de l’impro. J’ai toujours été dans la création, mais après, j’ai été plus timide. En primaire, j’étais timide, donc l’écriture c’est plus facile, parce que t’as plus à être devant la scène. J’ai toujours voulu écrire, mais je lisais pas. Je voulais pas écrire parce que j’avais lu, je voulais écrire parce que je voulais écrire. C’est après, je suis tombé dans la musique parce que vers 16-17 ans, y a le hip hop qui est arrivé en France. Quand je suis arrivé en France j’ai commencé à danser, après j’ai voulu graffer j’étais pas bon, j’ai voulu faire DJ, j’étais pas bon. Donc après j’ai commencé à rapper, mais c’est la culture hip-hop qui m’a frappé. Et c’est là que j’ai eu le besoin de lire.

Avant, tu avais écrit quoi ?

Eloquence : Des nouvelles.

Quand t’étais ado ?

Eloquence : Un peu avant même, vers 7-8 ans. Je commençais à écrire, mais c’était pas écrire, parce qu’à 7-8 ans tu peux pas écrire, t’as pas encore de vécu.

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T’aimais bien les rédactions en français ?

Eloquence : Non, même pas, j’aimais bien écrire, j’étais un cancre à l’école, et pourtant j’ai eu le bac avec mention, c’est un peu compliqué. Donc en fait la littérature, j’ai commencé à vraiment appréhender ça comme une aide à l’écriture du rap, quand j’ai voulu vraiment pousser. Mais avant ça, je voulais déjà écrire. Même quand je vais arrêter de rapper, parce qu’à un moment je vais arrêter de rapper, là je vais écrire des bouquins, vouloir faire des films. Je ne fais pas de différence entre la musique, l’écriture ou le cinéma. Pour moi c’est lié, parce que même quand je pense j’ai une mémoire visuelle. Quand je voulais apprendre mes cours, il fallait que je voie le film. D’ailleurs j’écris pas, mes textes je les écris dans ma tête, tout est visuel, je n’ai pas besoin de retenir. Je fais de la musique authentique, pour moi c’est pas une question de goûts ou de couleurs, c’est une question d’être vrai. Donc je n’ai pas besoin d’écrire, parce que ce que je dis, ça sort du coeur. Je le sors, mais je retiens pas mes textes. C’est-à-dire que Trill Makossa, la moité je ne peux plus le rapper maintenant.

Joe Lucazz : Je témoigne.

Eloquence : Mais c’est la musique qui m’a ramené aux bouquins. Pour perfectionner mon art, j’ai dû lire des mecs qui écrivaient mieux que moi. Mais moi, ça a toujours été plus la technique que les histoires. Parce que moi je lis comme j’écoute de la musique. Je cherche le rythme, la ponctuation. J’ai été pragmatique, j’ai lu les trucs pour la technique. Et pour moi en France, l’écrivain contemporaine qui écrit le mieux, c’est Amélie Nothomb. Et pour mieux écrire, je l’ai lue. J’ai plus lu pour la technique que les histoires. Parce que moi, j’ai envie de raconter mes histoires, les histoires des gens. C’est pour ça que mon rapport à la littérature, il est technique.

Lire Amélie Nothomb t’a apporté des techniques ?

Eloquence : Bien sûr. Les ponctuations, le rythme, et dans le rap, moi c’est le rythme. C’est les silences, les accélérations, donc c’était plus de la technique. Après, j’ai lu des trucs de temps en temps, mais comme toute ma vie j’ai été un grand drogué et un grand alcoolique, lire c’était difficile, parce que je lisais deux pages, je dormais. J’ai lu pas mal de trucs, mais là, ça fait quinze ans que j’ai pas lu. Mais après, maintenant je pense que j’ai plus besoin de lire, parce que grâce à la musique et mon vécu, j’ai envie d’écrire avec mon propre style. C’est comme le fait que j’écoute pas de rap français, parce que je veux pas être influencé. J’écoute les potos, mais pas plus, parce que mon credo, ça a toujours été l’originalité.

Tu te mets dans une bulle ?

Eloquence : Voilà, exactement. Et je sais que la prochaine phase, dans les dix prochaines années, ça va revenir à l’écriture, donc je vais me forcer à pas lire, pour faire à ma sauce.

Donc tu as peu lu dans ta vie ?

Eloquence : Un peu, mais pas tant que ça. Qu’est-ce qui m’a plu, Dostoïevski un peu, j’ai lu un peu Philippe Labro, « L’étudiant étranger ». Mais globalement, j’ai lu pour mieux écrire.

Et toi Joe ?

Joe Lucazz : Moi comme le frangin, j’ai toujours aimé écrire.

Et raconter des histoires ?

Joe Lucazz :  Quand j’étais petit, je lisais Charles Perrault, toutes ces conneries là, je kiffais grave, tous les classiques pour enfants. En grandissant, avec ce qu’ils te mettent à l’école, ils te dégoûtent de la lecture. Ils te mettent que des philosophes, tout est ciblé. Et ça me parlait pas. Moi, mon premier rapport à la lecture, c’est quand même les contes de Charles Perrault, les contes de la rue Broca, toutes ces histoires de gamin. Et quand t’arrives à un moment ou tu peux comprendre ce que tu lis, on te parle que des mecs qu’ils ont déclaré super grands philosophes.

Eloquence : Mais c’est vrai qu’on a eu une génération de profs qui nous ont pas donné envie de lire

Joe Lucazz : Et puis là c’est plus un choix, direct, on te l’impose. Même si c’est de la frappe : « Tiens, mon bédo c’est le meilleur du monde »« Je m’en fous, j’ai le mien. » Même avant de fumer, j’ai plus envie de fumer sur ton joint, même si tu me dis que c’est de la frappe. Bah là, pareil avec la littérature. Peu importe leur talent, donc direct, les gens de notre génération, de notre milieu, tu nous imposes rien, même si c’est super chanmé. Maintenant, en grandissant, tu te dis que tu peux avoir le choix. Je me suis fait ma propre littérature. Donc mes héros, donc des héros de couleur. Ou même en cinéma, c’est pareil.

Donc qui par exemple ?

Joe Lucazz : Des biographies de Mohammed Ali, Mandela, tout ça. Et même les trucs spirituels, le Coran, même si je l’ai jamais terminé, la Bible pareil, je l’ai jamais terminée. Après tu te fais ton propre truc. J’ai pas dit que Victor Hugo il écrivait avec ses pieds, mais j’ai zappé tout ça. Après voilà, Molière tout ça, il n’y a pas de renoi là-dedans, aucune identification possible. Moi ma littérature c’est de la littérature noire et surtout américaine, puisqu’ici y n’a rien. J’aime bien tout ce qui se situe dans les années 70, la période blaxpoitation. J’aime bien ce côté vieux Harlem, les histoires de maquereaux, Donald Goines. Et tous ses enfants littéraires comme George Pelecanos. Je kiffe, tout ce qui est Iceberg Slim, je kiffe grave. Et même musicalement, c’est toute cette époque que j’aime bien. Moi j’ai été attiré par The Wire pour George Pelecanos. Quand j’ai vu qu’ils commençaient à faire une série, et que dans les scénaristes il y avait George Pelecanos, j’ai dit « ouais, ça va tuer ». C’est un grec qui a vécu dans un milieu de renois, et il écrit tellement bien que t’es prêt à vendre tes parents que c’est un renoi qui raconte cette shit.

Eloquence : Après, y a un truc qui est une réalité, c’est que pour lire il faut avoir le temps. Et moi ma vie, il faut qu’elle soit dans l’urgence pour que j’écrive bien. Donc si je prends du temps comme ça pour lire, ça va tuer mon rap. J’aimerais plus lire, mais en fait c’est un rythme différent. Rapper c’est nerveux, et… si tu commences à te poser lire des trucs, je peux pas moi.

Joe Lucazz : On est des gens vivants !

Et en dehors des romans, vous lisez d’autres choses, des autobiographies ? Tu parlais du Coran et de la Bible ?

Joe Lucazz : Ouais, parce qu’on a tous un côté spirituel.

Eloquence : (à Joe) Quand tu racontais ça, c’est marrant, parce que moi je lisais pas ça, et en fait quand je suis allé au ballon. Au Ballon, ils te proposent des bouquins, et y a que des autobiographies ou des trucs comme ça. Et c’est là-bas que j’ai lu les autobiographies, la Bible ou les trucs comme ça. Parce que là-bas tu as le temps (rires)

Joe Lucazz : Exactement. Je lis pas mal de trucs africains aussi. Hampaté Ba par exemple, je te conseille « L’étrange destin de Wangrin », c’est magnifique. C’est super imagé, je pense que c’est du rap.

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C’est du rap, pourquoi?

Joe Lucazz : Dans sa manière d’écrire, ses tournures. Parce que les Africains on a des tournures, même quand on dit des proverbes français.

Eloquence : Tu sais pourquoi ? Parce que nous, comme on a digéré le français, on y a rajouté la musicalité qu’on avait, le groove. Quand un Africain parle, ça groove. Donc dans son écriture, ça se ressent aussi.

Joe Lucazz : Oh la la, magnifique. C’est très griot, c’est vrai, puisque c’est oral.

Eloquence : Les premiers rappeurs c’est ça, c’est les griots d’Afrique.

Joe Lucazz : Et Hampâté Bâ, il a retranscrit ce que lui il a appris des griots anciens. Donc l’histoire, même ton arbre généalogique, c’est pas sur des bouquins, c’est oral.

Eloquence : Mais parce que nous, notre culture est orale. Nous on n’a jamais écrit, mais on avait les anciens qui venaient, et qui racontaient soit des histoires inventées, soit des morales, soit des trucs qui se sont passés dans le village, mais nous on écrivait pas. Donc la façon des gens d’écrire en Afrique, elle est très proche de l’oral.

Joe Lucazz : Quand tu lis, c’est rythmé, même quand c’est long, il te fait des tournures de phrase incroyables. Et donc j’aime bien tout ce qu’il fait. J’aime bien lui…

Donc tu vois des liens avec le rap dans l’écriture d’Hampâté Bâ ?

Joe Lucazz : Non, c’est juste musical. Pour moi, le rap aujourd’hui, c’est le support que j’utilise pour raconter ma merde, mes donaldgoineseries.

Vous pensez que l’écriture compte moins dans le rap d’aujourd’hui ?

Eloquence : Elle compte même plus dans le rap français, parce que maintenant, on a une tendance qui est sud, et dans le sud des Etats-Unis, c’est le rythme. C’est la dynamique de ton flow et de ton instru qui fait le truc. Des mecs comme Future, ils « mumblent », c’est-à-dire qu’ils rappent, mais c’est plus des vibes, des moods.

Joe Lucazz : Les gens ils veulent que tu leur ramènes un mood, un turn up. Alors qu’avant, il nous fallait juste un bon boom bap, un mec qui kicke ça bien, s’il dit un truc chanmé c’est encore mieux.

 

« C’est comme Jésus, il traînait dans les bars avec les alcooliques ou les putes, parce que c’est eux qui avaient besoin d’écouter ce qu’il avait à dire »

 

Avant, tu étais plus poussé à lire pour la technique ?

Eloquence : Avant j’en avais besoin fin 90, début 2000, mais maintenant tu n’as pas besoin de lire, si tu lis au contraire ça va te niquer (rires). La plupart des rappeurs de moins de 25 ans, ils ne lisent pas. Après c’est pas de leur faute, maintenant ils sont plus dans la culture de l’écran, donc c’est autre chose. Même moi, par rapport à ce que j’écrivais il y a 10 ans, souvent je simplifie. Parce qu’à un moment, je veux rester connecté avec les jeunes. Parce que je viens d’un quartier, et je suis toujours avec les jeunes, même de moins de 20 ans. J’aime être avec eux, parce que c’est de ça que je me nourris pour rester jeune. J’ai presque 40 balais, mais mon rap peut parler quand même à certains jeunes, parce que je le simplifie pour pouvoir leur parler. C’est bien de raconter tes histoires de rue, mais si à un moment ça peut servir à personne, c’est pas intéressant. Donc aujourd’hui, je simplifie mon écriture pour être accessible à une partie de la jeunesse. Parce que sinon, tu te branles. Je sors Trill Makossa, l’Abcdr, les journalistes ils vont kiffer, mais moi si mes jeunes en bas ne comprennent pas ce que je dis, je me serai perdu dans mon message. Parce que le but c’est le message, comme disait Grandmaster Flash. A un moment, le rappeur, c’est le message. Mais si ton message il va nulle part, tu n’existes plus en tant que MC. Donc aujourd’hui je simplifie mon rap.

Qui prétend faire du rap sans prendre position ?

Eloquence : Non, c’est parce que je représente un coin, je représente une souffrance, je représente un vécu, et je veux que ça serve à d’autres personnes. C’est comme Jésus, il traînait dans les bars avec les alcooliques ou les putes, parce que c’est eux qui avaient besoin d’écouter ce qu’il avait à dire. Or, c’est une certaine jeunesse de France qui a besoin qu’on lui parle, parce que je suis un ancien et que j’ai traversé certaines flammes où ils vont passer. Malheureusement aujourd’hui, si tu veux parler à un certain nombre de personnes, et pas juste à des bobos du hip-hop, tu dois un peu simplifier ton rap. Je fais des morceaux comme « ODB », le premier son de Trill Makossa. Le morceau est plutôt thug, filmé en mode caméra embarquée. Les jeunes de mon quartier ils sont venus me voir : « Ah le son il déchire, mais c’est qui ODB ? » Tu vois, faut être conscient de certains trucs Joe, et c’est pas des jeunes qui habitent dans le seizième qui m’ont dit ça. A un moment, j’ai réalisé que pour pouvoir parler à ces jeunes, je vais devoir simplifier sur certains projets, parce que je suis obligé de rester collé à la base, et de ne pas parler qu’à une certaine élite.

JoeLucazz : Pour moi y a un peu de ça, mais c’est un peu différent. J’ai effacé tout ce que j’avais avant, et maintenant je me concentre que sur mon truc. Après les influences, c’est ma vie. J’essaye de coucher les images que je vois, que je vis. Par exemple je porte jamais de casque dehors, ni dans le métro.

Eloquence : Jamais.

T’aimes bien écouter les discussions des gens ?

Joe Lucazz : Tout. Des fois y a un mot qui va m’interpeller, ou pareil, sur le Parisien.

Eloquence : Moi c’est encore pire, parce qu’en fait des fois les discussions tu t’en fous, 80% de la communication des gens, elle est dans les gestes. Donc j’ai pas besoin d’entendre les gens, dans le métro, ou dans un hall où j’accompagne un poto sur un biz ou un truc, c’est l’attitude. Comment il va se lever, comment il se tient.

Joe Lucazz : Je compte pas devenir millionnaire grâce au rap. Je me concentre sur mon écriture, j’essaye de la peaufiner. Mais je fais que ça.

Eloquence :  Aujourd’hui, c’est ce que je conseille aux jeunes rappeurs. T’en vends 500 à 10 euros, ça te fait 5000 euros. Concrètement aujourd’hui, les mecs en major, en première semaine ils vendent 1000 cds, avec les avances tout ça, ils retrouvent pas ça. Moi je connais pas beaucoup de rappeurs qui font 20 000 euros par an, dans le rap. Sur les prochains projets, en 2017, je vais revenir à la base, fuck la SDRM. C’est le hustle, on va remettre la musique dans la rue. Après si viralement ça prend tant mieux, mais ça sert à rien d’avoir un million d’intermédiaires, vu que la musique maintenant se consomme différemment, les gens sont habitués à la gratuité. Aujourd’hui les mecs en major, avec Planète Rap ils vendent 1000 CDs, et ils ont 22 millions de vues sur YouTube, tu vois.

Joe Lucazz est en concert avec TripleGo et Prince Waly ce mercredi 19 octobre pour la soirée HRZNS, à Paris, à La Maroquinerie.

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